Les symptômes digestifs instantanés : la crise de gluten violente

Licorne qui vomit

Pour les cœliaques, vous connaissez bien ce moment : on commence à avoir mal au ventre, puis la nausée, et on commence à récapituler ce qu'on a bien pu manger une ou deux heures avant. Et là ! On réalise que la catastrophe est en marche et on file chez soi se mettre sous la couette pour laisser passer la crise. Pour des conseils pour gérer au mieux sa crise de gluten : Oups, j'ai mangé du gluten ! Que faire ?

Mais à quoi ressemble cette crise exactement ? Evidemment, il n'y a pas deux patients identiques. Cependant, la crise de gluten violente après une grosse consommation d'aliments avec gluten (par exemple se tromper de paquet de pâtes, ou manger un steak de soja) est assez bien répertoriée.

La maladie cœliaque est une maladie qui touche le système digestif. On pense donc naturellement en premier lieu à des manifestations liées à la nutrition. Les symptômes les plus courants sont : des diarrhées, des ballonnements, des vomissements et des douleurs abdominales.

Si on jette un coup d’œil à l'intestin grêle, une personne cœliaque consommant régulièrement du gluten présentera une atrophie des villosités intestinales. Qu'est-ce? Il s'agit de la surface de l'intestin qui présente en temps normal de nombreux reliefs, on compare souvent ces formes à des petits poils (voir photo ci-dessous). Ceux-ci participent à la digestion et la consommation de gluten entraîne leur atrophie progressive. On comprend donc facilement l'existence de troubles digestifs.

Villosité intestinale

Lorsqu'un cœliaque mange du gluten, une réaction inflammatoire se créé au niveau de ces villosités et déclenche tous ces dérangements digestifs. Les intolérants ou sensibles au gluten ne souffrent pas d'une maladie auto-immune et donc de cette réaction inflammatoire, cependant ils peuvent avoir des réactions digestives tout aussi violentes.

Ces symptômes digestifs sont difficiles à relier soi-même directement au gluten, car ils sont communs à de nombreuses affection digestives. Le conseil de Glutons si vous commencez à vous poser des questions : listez bien tous vos symptômes, la fréquence, depuis combien de temps vous les avez et leur puissance, et foncez chez le gastro-entérologue.

Démangeaisons

Autres symptômes court termes

Quand on mange du gluten, on peut aussi ne pas tout vomir d'un coup. Mais ce n'est pas pour autant que cela ne nous fait rien !

Une fatigue importante peut se faire sentir. Le corps se défend contre lui-même (et le gluten) et cela peut vous fatiguer énormément. Les cœliaques sont également très nombreux à souffrir de dermatite herpétiforme, et la consommation de gluten peut déclencher une crise. Le patient voit alors l'apparition de plaques rouges avec des petits boutons et de fortes démangeaisons.

Pour les intolérants au gluten non coeliaques, la consommation de gluten peut mener à des manifestations différentes, notamment une fatigue alliée à un sentiment triste, voire dépressif. Des douleurs musculaires, articulaires ou des maux de têtes peuvent aussi se manifester.

Encore une fois, les symptômes présentés ici sont très généraux, et pourraient correspondre à beaucoup d'autres maladies. Il ne faut pas commencer le régime sans gluten juste pour des cas de fatigue, mais plutôt aller voir son généraliste.

Montre dans le sable : temps qui passe

Les signes longs termes

Voici maintenant une seconde catégorie de symptômes : les symptômes long termes. Il ne s'agit plus d'une crise de gluten, mais d'une consommation régulière de gluten chez les cœliaques ou les intolérants. Comme l'alimentation est le carburant de notre corps, des troubles alimentaires peuvent avoir des conséquences multiples et très importantes. Pour un article complet à ce sujet : Maladie cœliaque : quelles sont les conséquences à long terme ?

Troubles directement liés à l'alimentation

Une consommation régulière de gluten chez les cœliaques ou intolérants peut mener à une dénutrition et de fortes pertes de poids. Notamment chez les enfants, les courbes de croissances sont fortement affectées.

Des carences peuvent très vite apparaître : fer (anémie), vitamines, minéraux... Ces carences peuvent ensuite avoir des réactions en chaîne : chez moi l'anémie se manifeste par des chutes de cheveux assez spectaculaires par exemple.

Troubles autres

Seulement 40 à 50% des personnes cœliaques présentent des symptômes liés à la nutrition. Et certaines formes sont encore plus trompeuses, car chez certaines personnes sensibles au gluten on détecte une forte prise de poids quand elle ne respectent pas leur régime alimentaire. C'est notamment le cas chez les enfants selon certaines études. En effet les causes de l'intolérance au gluten ne sont pas à trouver au niveau des villosités de l'intestin, qui sont intactes chez les patients intolérants. Le fonctionnement exact de l'intolérance au gluten est encore mal expliqué.

Chez les femmes, des retards voire des disparitions de règles peuvent apparaître. Si la maladie cœliaque reste non diagnostiquée, des problèmes de fertilités et des fausses-couches peuvent suivre.

La gravité des conséquences de l'ingestion de gluten me permet d'insister sur un point : le régime sans gluten doit être suivi à vie. Tout écart doit rester accidentel et occasionnel. Si vous avez du mal à le suivre, vous pouvez vous tourner vers votre gastro-entérologue qui saura vous conseiller un bon nutritionniste.

Si vous cherchez la liste des produits contenant du gluten, et des conseils pour suivre votre régime : Comment bien suivre un régime sans gluten ?

Bulle BD vide

Et puis rien ?

Il est aussi possible de n'avoir aucun symptôme... Quand on considère les risques à long terme de la consommation de gluten quand on est cœliaque ou intolérant, listés dans cet article Maladie cœliaque : quelles sont les conséquences à long terme ?, on finit par se trouvez content d'avoir mal au ventre quand on en mange. Et oui, nous au moins notre corps nous prévient qu'on fait une bêtise !

La plupart des personnes qui mangent des aliments contenant du gluten sans aucun symptômes sont diagnostiquées lorsqu'elles font un diagnostic sanguin complet, ce qui est très rare. Il existe aussi des screening de population, quand plusieurs milliers de personnes sont testées pour diagnostiquer la maladie cœliaque, dans le cadre d'expériences médicales. Ceci est cependant très rare et il ne faut pas compter sur ce genre d'événement pour trouver votre diagnostic.

Comme mentionné dans Suis-je intolérant au gluten ?, la probabilité de souffrir de la maladie cœliaque est plus importante si des membres de votre famille proche souffrent d'autres maladies auto-immunes. Il peut alors être judicieux de faire un test sanguin, pour ne pas prendre de risque. Encore une fois, il s'agit d'un sujet dont vous pouvez discuter avec votre médecin, il saura vous orienter.

Cet article ne traite pas de l'allergie au blé, qui est encore une autre maladie. Cette allergie ne se manifeste pas pour les autres céréales contenant du gluten et est encore assez mal expliquée.

Checklist

Récap : j'ai mal au ventre, qu'est-ce que c'est ?

La maladie cœliaque est une maladie auto-immune. On la diagnostique par biopsie de l'intestin grêle. Pour plus de détails, le diagnostique complet est celui-nécessaire pour se faire rembourser par la sécurité Sociale : Les aliments sans gluten sont pris en charge par la Sécu !

L'intolérance au gluten ou sensibilité non cœliaque au gluten peut se manifester de la même façon que la maladie coeliaque, mais la biopsie de l'intestin donne un diagnostic négatif et les anticorps des coeliaques ne sont pas présents. Elle est donc plus difficile à repérer, d'autant plus que les symptômes sont plus variés.

L'allergie au blé est une allergie qui ne concerne pas les autres céréales contenant du gluten. Elle est très peu reconnue et difficile à différencier des maladies liées au gluten, puisque le seigle et l'orge sont très minoritaires dans notre alimentation. L'avoine est encore un cas à part.

Le Syndrome de l'Intestin Irritable (SII) n'a aucun lien avec le gluten ou le blé. Cependant les personnes qui en souffrent ont souvent les mêmes symptômes : ballonnements et douleurs abdominales après les repas, difficultés à digérer... Et rien n'interdit d'avoir les deux !

Si vous ne savez pas ce que vous avez, encore une fois, pas de blague avec la santé, allez consulter votre médecin. Je vous renvoie également vers la page d'Améli, qui pour le coup est plutôt bien faîte et officielle.

Cet article condense les informations de plusieurs autres articles de ce blog, les références des articles scientifiques justifiant les affirmations de santé sont à retrouver sur ces articles sources, cités tout au long de cette page.

Photo de couverture par Yanalya.