La première trace d'un humain souffrant de la maladie coeliaque remonte au 1er siècle après JC. En 2008 le corps d'une jeune femme d'une vingtaine d'année souffrant de malnutrition, de retards de croissance et porteuse du gène HLA-DQ2.5, (typique de la maladie cœliaque) est découvert.

Je retrace pour vous l'histoire de la maladie du 1er siècle après JC à nos jours.

Découverte

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Le terme de maladie cœliaque vient du nom en ancien grec de la maladie koeliakos, koelia désignant la cavité abdominale. C'est un médecin grec du premier siècle après JC, Arétée de Cappadoce, qui identifia cette maladie, comme la maladie chronique consistant à ne pas digérer la nourriture ni absorber les nutriments qu'elle contient.

Le docteur et pédiatre Mathew Bailli décrit la maladie cœliaque au 18ème siècle et suggère alors un remède, basé sur une diète quasiment uniquement composée de riz. Cependant ses travaux ne se font pas remarquer et il faudra attendre 1887 pour que le médecin Samuel Gee décrive la maladie cœliaque moderne.

Samuel Gee fait en effet référence à tous les symptômes alors connus de la maladie cœliaque : les diarrhées, la faiblesse musculaire, le gonflement du ventre, et le caractère chronique de la maladie.

Mise en cause du gluten

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Si les symptômes sont clairement identifiés par Samuel Gee, les causes de la maladie cœliaque restent, elles, encore mystérieuses.

On suspecte toutefois que l'alimentation est responsable de la maladie. Diverses diètes et régimes alimentaires sont alors suggérés : faibles en glucides, sans pain, uniquement à base de banane... certains sont plus folkloriques que d'autres, mais ils ont en commun d'exclure les céréales contenant du gluten (blé, avoine, seigle, orge et dérivés, voir Comment bien suivre un régime sans gluten ?), sans pour autant les pointer directement.

C'est seulement en 1950 que le médecin néerlandais Wim Dick met en cause le blé, l'avoine et le seigle. L'histoire raconte qu'il découvrit le lien entre ces céréales et la maladie cœliaque pendant la Seconde Guerre Mondiale. En effet, à cause des pénuries, on avait éliminé le blé, l'avoine et le seigle du gruau servi aux enfants de l’hôpital où il travaillait. Ceux-ci se sont alors remis de leur maladie cœliaque, avant de replonger durement à la fin de la guerre. En effet, dès que du pain fut disponible, on servit en premier les enfants "guéris". Les symptômes reprirent alors de plus belle et Wim Dick identifia les céréales responsables de la maladie.

Le laboratoire de Wim Dicke confirma ces observations et ajouta également l'orge à la liste des céréales interdites aux cœliaques.

On remarqua aussi à la même période que l'amidon du blé ne produisait pas les symptômes chez les malades. On devina alors le coupable était le gluten, autre composant de ces quatre céréales.

Compréhension de la maladie

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Après l’identification du gluten comme responsable de la maladie cœliaque, il restait à comprendre les mécanismes à l'oeuvre lors de la digestion. Comment l'ingestion de gluten déclenche-t-elle ces vomissements, diarrhées et carences en nutriments essentiels ?

On sait aujourd'hui très bien expliquer ce phénomène, mais au 19ème siècle on ne pouvait regarder l'intestin des patients qu'après leur mort. Remarquer l'atrophie des villosités intestinales, replis de l'intestin permettant la digestion, n'était donc pas chose aisée !

C'est en 1954 qu'un chirurgien, Paulley, préleva des échantillons qui mirent en évidence les dommages de l'intestin chez les cœliaques.

A partir de ce moment, la biopsie du haut-intestin devînt un moyen de diagnostique de la maladie.

Dans la seconde moitié du 20ème siècle on découvrit les anticorps ainsi que les gènes présents chez tous les cœliaques (voir Suis-je intolérant au gluten ?).

On fit également le lien avec d'autres maladies génétiques, la Dermatite Herpétiforme par exemple.

On parle aujourd'hui de "l'iceberg cœliaque" car seul 1 cœliaque sur 4 est diagnostiqué en France. De plus les symptômes digestifs ne sont pas les seuls indicateurs de la maladie, et les malades peinent parfois plusieurs années avant d'être diagnostiqués.

Sources